Institut Pacifique sur Gouin Est: autre plan

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Arrière du bâtiment dans lequel loge présentement l’Institut Pacifique. (Photo: Philippe Rachiele)

Le conseil d’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville a entériné la deuxième mouture du projet de réaménagement des locaux de l’Institut Pacifique lors du conseil d’arrondissement de février, mais certains résidants sont encore insatisfaits et exigent des corrections. Conséquence : on devrait savoir le 2 mars s’il y a assez de demandes pour aller en référendum dans ce secteur.

Comme l’a souligné Shirlane Day, directrice générale de l’Institut, «les architectes sont pourtant retournés sur leur table à dessin et repris le projet a zéro pour satisfaire le plus de monde possible», sur l’emplacement situé sur le boulevard Gouin Est, non loin du boulevard Saint-Michel, aux limites de l’arrondissement. Une consultation publique a eu lieu relativement à ce projet, mais comme l’avis public annonçant la tenue d’une consultation a été diffusé seulement dans un média concurrent, et durant le mois d’août, peu de gens l’ont vu. Seulement deux résidants étaient présents à la consultation qui a eu lieu en septembre. Journaldesvoisins.com a relaté les péripéties de ce projet d’agrandissement et de rénovation dans trois articles précédents.

À sa dernière séance, la veille de la St-Valentin, le conseil d’arrondissement avait à adopter, en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, le deuxième projet de résolution visant à autoriser une démolition partielle et un agrandissement de l’établissement éducatif, faisant partie à la fois du Parcours Gouin et du site patrimonial de l’ancien village du Sault-au-Récollet.

En gros, l’Institut, dont le mandat est de contrer la violence par la promotion des conduites pacifiques dans les écoles, a obtenu les appuis politiques pour démolir la partie avant et latérale du bâtiment, conserver le volume du bâtiment d’origine, agrandir le bâtiment vers l’arrière et aménager une nouvelle aire de stationnement;  mais il devra respecter une foule de conditions. Signalons que le Conseil du patrimoine aurait préféré la première version du projet.

Reste à voir s’il y aura tenue d’un référendum pour appuyer ou non le projet, ce qui est loin d’être sûr.

« Il y aura ouverture de registre, si l’arrondissement reçoit une ou des demande(s) d’approbation référendaire, comme stipulée dans la Loi des cités et villes. Le délai pour soumettre toute demande prend fin jeudi prochain, le 2 mars à 16 h 30 », a précisé Michèle Blais, l’une des porte-paroles de l’arrondissement.

Soirée mouvementée

Lors du conseil du 13 février, trois personnes ont pris le micro pendant la période de questions pour soulever une fois de plus des interrogations, tout en reconnaissant l’excellent travail de révision du projet par l’Institut et les interventions de la conseillère du Sault, Lorraine Pagé.

D’entrée de jeu, une citoyenne demeurant juste à côté de l’Institut a tenu à faire savoir aux membres du conseil qu’elle n’était pas satisfaite des corrections.

« C’est faux et insultant, a tonné Wedad Antonius, que l’on a  répondu aux préoccupations et fait des compromis. (…) L’usage va changer pour passer de résidentiel à communautaire, c’est énorme comme dérogation. (…) Le volume bâti fera 16 pieds par 70 pieds, c’est sept fois et demi les maisons situées à côté », a-t-elle comparé en montrant un schéma des lieux. (Mise à jour au 2017-03-02: Mme Antonius a précisé à journaldesvoisins.com qu’elle voulait dire « 76 pieds par 70 pieds ».)

Elle a aussi noté négativement que le nombre de places de stationnement passera de 11 à 5, qu’il y aura de sérieux problèmes d’intimité avec trois étages et, selon elle, 21 fenêtres donnant dans sa cour.

« C’est exagéré d’avoir besoin d’autant de fenêtres. (…) On a peur d’une baisse de la valeur de nos maisons. Reconnaissez qu’il y a encore des préoccupations », a-t-elle martelé.

Lorraine Pagé au front

Répondant du tac-au-tac à cette intervenante, la conseillère du Sault-au-Récollet, Lorraine Pagé, autrefois à la tête de la plus grande syndicale d’enseignants au Québec, a été claire sur la suggestion de givrer les vitres des 21 fenêtres, nous reportant au débat ultra-controversé des vitrines opaques d’un centre sportif d’Outremont pour satisfaire des juifs hassidiques.

« On ne fera un YMCA de nous-mêmes. Il n’y aura pas de vitres givrées ou de mur aveugle », a-t-elle averti.

« Certes il n’y a pas unanimité. Mais nous considérons que la grande majorité des préoccupations ont été résolues. Le deuxième projet est sensiblement différent du premier. Si nous avions accepté les recommandations du Conseil du patrimoine (favorable au premier projet), vous auriez été les premiers à prendre les pancartes », a signalé l’ex-syndicaliste.

Mme Pagé a rappelé ce qui se passe avec le processus en cours (régie par la loi des Cités et villes), à savoir que le nouveau projet répond à 85% des demandes formulées, et qu’en bout de piste, l’entrepreneur répond aux corrections relatives au toit, au lien vitré, et au paysagement.

Une autre résidante du secteur, Claudine Bussières, a aussi abordé la question du zonage modifié et des dérogations en plaidant pour que le conseil d’arrondissement reporte «l’acceptation du projet».

Mme Pagé a répliqué en disant que lors de l’émission du  permis au constructeur, ce dernier devra considérer des critères d’intégration architecturale.

Enfin, un autre résidant, Serge McNicoll, a dit craindre pour l’avenir si jamais l’Institut Pacifique fermait ou déménageait.

« Je veux des garanties qu’il y ait le même type d’usage, et que l’on ne fera pas des condos.»

Il semble avoir été satisfait de la réponse de Mme Pagé comme quoi il devrait y avoir le même type d’usage à cet endroit qui a le Parc nature de l’Île-de-la-Visitation comme cour arrière.

La directrice Shirlane Day est optimiste quant à la suite des choses, souhaitant avant tout passer à une autre étape, avec des travaux qui, si tout va bien, pourraient commencer à la fin de l’été. Mais il y a tout de même une opération de financement à réaliser avant la première pelletée de terre.

L’Institut Pacifique forme chaque année 100 000 jeunes de 4 à 17 ans à la résolution pacifique des conflits et à la médiation.

 

 

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