Une élue d’Ahuntsic-Cartierville se confie

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Violence faite aux femmes
L’évènement de l’organisme Concertation Femme a accueilli plusieurs personnalités locales, dont Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent ; Louise Harel, ancienne ministre ; Chantal Comtois, directrice générale du Service de nutrition et d’action communautaire à la retraite. Photo : JDV

Carla Beauvais, conseillère de Ville du district du Sault-au-Récollet, a mis de côté son rôle d’élue. Victime de violence conjugale, elle a pris son courage à deux mains, pour livrer un témoignage touchant devant public le 9 mars.

C’était à l’occasion de l’évènement organisé par Concertation Femme pour souligner la Journée internationale des droits des femmes.

Avant de lire à haute voix son histoire, Mme Beauvais n’était pas certaine de faire le bon choix. Elle a décidé de présenter un poème.

C’était en 2017, un seul épisode aura suffi pour marquer sa vie : violence verbale, émotionnelle et menaces infligées par son conjoint de l’époque, a-t-elle décrit dans un courriel au Journal des voisins (JDV). Sa fille n’était alors âgée que de deux mois. « Ç’a été tellement traumatique que je me suis juré de ne plus jamais me retrouver dans cette situation », dit-elle.

Le jour même de l’incident, elle fait ses propres démarches et trouve une place en maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Après un certain temps, elle transforme le sentiment d’embarras en message positif pour toutes les victimes. La conseillère a affirmé que « assez, c’est assez » et s’est donné la permission d’agir.

« Sauter dans le vide fait peur. C’est terrifiant », écrit Mme Beauvais.

Elle a décidé de livrer ce témoignage pour guérir ses blessures et pour insuffler un vent d’espoir à celles qui l’ont écoutée avec attention.

Pour le meilleur et pour le pire

S’engager pour le meilleur et pour le pire

Sans prendre la mesure de ce qu’il faut pour tenir

On le sait très bien que du meilleur, il ne reste plus rien

On s’accroche tout de même aux souvenirs des temps lointains

On nous a bourré le crâne de « pour le meilleur et pour le pire »

Ne réalisant pas à quel point le pire peut faire mourir

On reste par amour, par doute, dans la ligne de mire

De ces hommes qui nous extirpent toute envie de vivre

Après chaque raclée, ils balancent le même refrain

C’est la dernière fois, répétition de cet engrenage malsain

Qui nous pousse à croire qu’après avoir osé le pire

La seule issue n’est pas celle de fuir

Il n’y aura pas de beau temps après cette saison

Peu importe les promesses vides et les raisons

La violence ne s’arrêtera pas aux coups de poing

Tant qu’elle n’aura pas tout détruit sur son chemin

Le corps et le cœur en fragments

On se demande pourquoi et comment

On en est arrivé à croire que pour être aimé

Il faut être prêt à tout pardonner

Arrêtons-les « pour le meilleur et pour le pire » lancés à profusion

Qui tiennent en otage les victimes dans des idéalismes prison

Il ne faut pas tirer le meilleur du pire comme on se plaît à dire

Il faut rejeter le pire avec toute la force qu’on a de vivre

Il faut partir pour le meilleur et pour survivre

Sans savoir ce que nous réserve l’avenir

Partir avec le seul et unique désir

De laisser derrière nous tout le pire.

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